Basketball – Éliminatoires Coupe du monde : Sénégal-Côte d'Ivoire à Marius Ndiaye, les Lions démarrent par un derby « éléphantesque »
Six mois après sa troisième place à l'Afrobasket en Angola, l'équipe nationale du Sénégal lance sa quête pour la Coupe du monde en affrontant ce jeudi la Côte d'Ivoire au stadium Marius Ndiaye de Dakar, à 21 heures. Ce derby ouest-africain de la deuxième fenêtre des éliminatoires prend les allures d'une finale du groupe B, face au champion d'Afrique en titre. Les Lions doivent sortir le grand jeu pour débuter sans accroc et construire un sans-faute dans le groupe.
Un match clé face au champion d'Afrique
Voilà le contexte : la deuxième fenêtre des qualifications se déroule du 26 février au 1er mars, sur deux sites — Dakar pour le groupe B et Alexandrie pour le groupe D. Cinq tickets africains sont en jeu pour la Coupe du monde, et le Sénégal cherche sa sixième participation à un Mondial. Le groupe B réunit le Sénégal, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et Madagascar.
Ce premier match joue déjà un rôle décisif. La Côte d'Ivoire, championne d'Afrique en titre, est classée 3e continentale et 36e mondiale. Le Sénégal, 5e africain et 45e mondial, n'a que deux jours de préparation avant ce choc. L'enjeu est simple : un bon départ met le Sénégal aux commandes du groupe, une défaite contre les Éléphants compliquerait la suite, même sans être décisive. Le coach Desagana Diop a affiché son ambition sans détour : « faire le plein en remportant les trois matchs » de cette fenêtre.
L'effectif sénégalais : continuité avec des absences pesantes
Desagana Diop a conservé l'ossature qui a ramené le bronze d'Angola. Cette stabilité est rare et aide les automatismes — c'est un atout en Afrique où les équipes changent souvent de joueurs d'une fenêtre à l'autre.
Mais les absences pèsent lourd. Papy Brancou Badji, pièce essentielle du jeu, est déclaré forfait pour ce seul match face aux Éléphants. Le pivot Amara Sylla est blessé. Deux rouages importants manquent au moment d'affronter le champion d'Afrique. En contrepartie, le sélectionneur a rappelé Babacar Sané et Cheikh Bamba Diallo, deux vétérans qui apportent l'expérience. Les jeunes Kara Sène et Aziz Bandaogo font leurs premiers pas en sélection — du sang neuf, mais inexpérimenté à ce niveau.
Un derby qui ressemble à une finale
Pourquoi c'est aussi serré ? La Côte d'Ivoire a l'étiquette de champion, et l'historique joue aussi. Les Éléphants sont réputés comme une bête noire du Sénégal depuis deux décennies. Ce n'est pas un match neutre sur le papier.
Ce qui rend ce match important, c'est aussi son poids psychologique. Sortir victorieux face au champion d'Afrique, c'est se donner du crédit pour le groupe entier. C'est aussi tester le vrai niveau de cette équipe sénégalaise. Le Sénégal a le potentiel pour la qualifier, mais il doit montrer qu'il peut battre les meilleurs d'Afrique, pas seulement les équipes du second rang.
Le calendrier serré de cette fenêtre
Entre le 26 février et le 1er mars, le Sénégal jouera trois matchs en cinq jours :
- 26 février — Sénégal vs Côte d'Ivoire (21h)
- 28 février — Sénégal vs Madagascar
- 1er mars — Sénégal vs RD Congo (21h)
Deux jours entre le premier et le deuxième match, trois jours entre le deuxième et le troisième. C'est court pour récupérer, gérer les rotations et corriger les problèmes. Une victoire contre la Côte d'Ivoire mettrait le Sénégal en position de force pour enchaîner. Une défaite obligerait à réagir immédiatement face à Madagascar.
Pourquoi cette fenêtre compte vraiment
Les premiers résultats fixent la dynamique du groupe. Un 3-0 au départ, c'est une option quasi-garantie pour le Qatar. Une entrée chaotique (1-2 ou 0-3) n'élimine pas le Sénégal — il reste trois fenêtres — mais ça complique sérieusement la tâche et ça joue sur la confiance.
Le Sénégal a le talent pour se qualifier. L'effectif est stable, le coach est en place depuis longtemps, les joueurs se connaissent. Mais sur le parquet, face aux Éléphants, il va falloir produire de la défense collective, gérer l'absence de Sylla en intérieur, et trouver du spacing offensif malgré l'absence de Badji. C'est jouable, mais c'est un test réel, pas un match de routine.
La suite du calendrier jusqu'à 2027
Cette deuxième fenêtre est la seconde étape d'un processus long. Trois autres fenêtres vont suivre, en novembre et février, avant les tournois de qualification finale. Chaque fenêtre élimine progressivement les candidats. Pas de seconde chance en quart de finale — les cinq meilleurs d'Afrique valident leur billet pour le Qatar.
Ce qui veut dire que chaque résultat compte. Le Sénégal ne peut pas se permettre de perdre trop de matches dans cette fenêtre s'il veut rester en position confortable pour la suite. Ce jeudi face à la Côte d'Ivoire, c'est du basketball sérieux, avec de vrais enjeux, pas une répétition générale. Les Lions le savent, et c'est pour ça que ce match a le poids d'une finale.